Musique

Cats on Trees
Interview
Festival Solidays (Paris), 28 juin 2014

 

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Depuis 2007 et un premier EP, le duo Cats on Trees, avec le parti pris étonnant du piano - batterie, a semé de belles chansons et s'est étoffé de guitares acoustiques sur des arrangements soignés. Signés par le label Tôt ou Tard, Nina et Yohan ont construit leur premier album au fil des rencontres, celles d'Albin de la Simone, Jean-Christophe Urbain et Pierre Rougean. Les chansons de Cats on Trees sont comme des contes du quotidien révélant une poésie actuelle dont la musique pop distille des notes à la fois mélancoliques et heureuses. À l'occasion de la 16ème édition des Solidays, nous avons rencontré le duo toulousain.

 

- Quelle est votre couleur musicale ?

C'est une palette de couleurs assez variées. Nous sommes portés dans nos vies par des émotions différentes, nos morceaux en sont issus. Ce sont des histoires, toutes ces choses que l'on vit. Je pense que nous sommes un peu de toutes les couleurs.

 

- La formation piano - batterie est atypique, comment vous êtes-vous imposés ?

C'est assez naturel, cela s'est imposé à nous. Ce sont les instruments que nous jouions depuis le début. Nous nous sommes toujours sentis très libres dans notre musique, et ça n'a pas posé de problème vis à vis des maisons de disques. Nous ne nous interdisons aucun arrangement et l'album est très produit. En fait, si le morceau nous parle et nous porte, si l'on est accroché à ce que l'on a envie de dire, peu importe le choix des associations d'instruments. Ce qui compte c'est de faire un bon morceau, qui nous ressemble et que l'on assume pleinement. C'eut été pareil avec une clarinette et un accordéon. L'essentiel était de faire notre projet à deux tant notre complicité humaine et artistique est importante.

 

- Qu'avez-vous envie de transmettre dans vos chansons ?

Nous n'avons pas de message particulier, au contraire cela nous bloquerait dans notre manière d'appréhender la musique. On essaie juste de ne pas tricher et d'être le plus sincère possible. Nos expériences de vie nous inspirent, les épreuves, toutes les étapes par lesquelles nous sommes passés. C'est plus une philosophie de vie : rester vrai, rester qui nous sommes quelles que soient les circonstances. À part cela, nous avons un attachement à la nature, au rapport bienveillant à l'humain, sans pour autant militer...

 

- Quelles sont vos influences au départ ?
Nina :
Le piano m'a toujours beaucoup attiré, j'en joue depuis l'enfance, alors Tori Amos, Regina Spector, sont mes attirances musicales, Bjork également.

Yohan : Mes premières passions sont Elvis Presley et Mickael Jackson. J'ai commencé la batterie avec un prof de musique qui fut un prof de vie. Nous ne nous sommes jamais enfermés dans la lecture, la simple pratique technique. C'était l'ouverture aux autres et à la musique. À dix ans, j'avais un copain dont le père possédait un studio d'enregistrement dans lequel nous pouvions jouer et nous avons formé un duo. J'aimais cette fraicheur de ne pas savoir jouer correctement, parce que l'envie était là bien au dessus de tout. En fait, ce sont les projets humains qui me portent au delà des formations : construire des choses belles avec des gens que j'aime et vivre des moments forts. C'est le cas pour Cats on Trees, nous sommes un duo, mais beaucoup de personnes bossent autour avec énormément de passion et d'amour, ce qui fait que le projet avance et rencontre des oreilles. Ce n'est pas simplement le projet de deux personnes. L'équipe du label Tôt ou Tard est bienveillante, passionnée et aimante, ce qui crée quelque chose de beau qui nous pousse à donner le meilleur.

 

- L'opportunité du festival vous donne l'occasion d'écouter d'autres concerts, lesquels avez-vous envie d'aller voir ?

Nina : J’aimerais bien voir Talisco.

Yohan : Jabberwocky, Franz Ferdinand... il y en a tellement, surtout ceux que l'on ne connait pas et qu'on aimerait découvrir.

 

- Et des artistes avec qui vous aimeriez collaborer ?

Si les rencontres se font avec des artistes présents sur le festival, pourquoi pas... Nous avons fait un trio avec Maxime Nucci (Yodelice) à la Cigale, c'était un moment fort, c'est un grand artiste que nous aimons beaucoup.

 

- Quelles sont vos envies pour la suite ?

Nous ne nous sommes jamais arrêtés depuis qu'on a commencé. Malgré le temps que prend cette belle aventure, nous pensons déjà au second album. Nous aimerions exploré de nouvelles pistes de travail, de nouveaux univers, aller plus dans les extrêmes. Notre musique évolue avec nous, est-ce qu'on grandit ? Non... je pense que l'on ne grandit jamais, on veut juste avancer...

 

Propos recueillis par Vincent Gramain

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