Musique

Talisco
Interview
Festival Solidays (Paris), 28 juin 2014

 

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Le concert de Talisco était l'un des plus attendus pour cette 16ème édition des Solidays. L'an passé, lorsque j'ai rencontré Jérôme Amandi de son vrai nom, il venait de sortir un EP quatre titres chez Roy Music dont le directeur artistique avait craqué en écoutant les maquettes. Le titre phare à l'écoute promettait de marcher, en effet, à peine à la fin du morceau, l'envie de le rejouer devenait irrépressible. Un an plus tard, your wish cartonne sur les ondes. Aux premières notes, le public reconnaît le tube instantanément. Il faut dire que Talisco a frappé fort, Run son premier album est envoutant. Une musique pop et des arrangements pointus transcendés lorsque Talisco se produit sur scène, se mêlent à des accents plus rock. En concert, le public, à l'image du chanteur, ne se contient pas et ne peut résister à l'envie de bouger et se laisser transporter par la musique. Après le Printemps de Bourges et une Cigale affichant complet, Talisco fait le plein aux Solidays sur la scène du César Circus.

 

- Ce fut très rapide pour toi. Y-a-t-il eu une rencontre déterminante ?

Talisco : Ça fait un an qu'il se passe plein de trucs, et c'est presque tous les jours qu'il m'arrive quelque chose d'incroyable. J'ai l'impression que tous les jours ma vie change. Tout devient événement.

 

- T'es plus Beastie Boys ou Jeff Beck ?

Talisco : Plus Beastie Boys, c'est plus ma génération. C'est un symbole de la musique libre. On sentait qu'ils faisaient vraiment ce qu'ils voulaient sans limite dans la création.

 

- Demain on te charge de la programmation d'un festival, quelles sont tes cinq têtes d'affiches ?

Talisco : Ce serait un joyeux mélange ! Les Beasties Boys, le truc impossible, du Beck, pas Jeff (rires)…

 

- Qu'écoutes-tu actuellement ?

Talisco : Willy Moon, James Black.

 

- Quelles sont les thèmes qui t'inspirent le plus ?

Talisco : En fait, c'est à partir de mes émotions que je puise l'inspiration. Je n'ai pas de lieu de prédilection, ni d'état naturel indispensable.

 

- Quelle est la portée de ton court métrage Run ?

Talisco : Ce film du même nom que l'album, est une continuité, il parle de l'album. C'est comme un court métrage un peu codé, tu retrouves les mêmes thèmes. À travers les personnages qui sont assez bruts, à travers les grands espaces, c'est une histoire d'amour.

 

- Est-ce que tu fais le même concert ici qu'en tournée ?

Talisco : Non, tu ne l'abordes pas de la même façon. Solidays, c'est un gros festival avec une démarche humaine très importante, le ressenti est différent, ne serait-ce que pour la cause que tu essaies de servir.

 

- Un message pour les bénévoles qui luttent toute l'année ?

Talisco : Un grand merci, car ce sont des personnes qui offrent de leur temps, qui sont complètement investies. Ne lachez rien !

 

- Le fait de rencontrer des artistes sur le festival te donne-t-il l'envie de collaborer avec certains d'entre eux ?

Talisco : Pour le moment je n'y pense pas du tout. Je suis là et vais essayer de faire un bon concert, de donner un maximum de plaisir et d'en profiter un max aussi ! Penser aux collaborations c'est presque prétentieux aujourd'hui pour moi. Je suis un peu spectateur de ce qui se passe pour l'instant.

 

- Qu'est-ce qui fait que tu as tout plaqué pour faire de la musique ?

Talisco : J'ai toujours fait de la musique, depuis l'enfance. À un moment j'ai posé les armes car c'est assez utopique de se dire je vais vivre de la musique, ce sera mon avenir. J'ai donc pris la voie raisonnable : j'ai fait des études puis travaillé. Puis, il y a environ trois ans, le contexte aidant, j'ai pris le temps de composer et d'essayer de m'y consacrer pleinement. J'ai eu la chance que mon travail plaise au label Roy Music.

 

- Quel a était le déclic ? Il s'est passé quelque chose dans ta vie ?

Talisco : Pas nécessairement, la vie est faite de déclics surtout quand tu as mis une passion de côté, elle reste au fond de toi. Forcément, je suis allé voir des artistes en concert et à chaque fois, j'étais face à un vieux rêve et je me disais : « Pourquoi pas moi ? », ça m'a suivi toute ma vie.

 

- Quel est ton wish ?

Talisco : De continuer à me lever le matin et de faire de la musique un maximum de temps. Se faire plaisir finalement, c'est pas vraiment un travail...

 

Propos recueillis par Vincent Gramain

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